Un phare vieux de 12,9 milliards d'années

Un phare vieux de 12,9 milliards d'années

Source : http://www.lepoint.fr/actu-science/un-phare-vieux-de-12-9-milliards-d-annees-29-06-2011-1347385_59.php

Découverte exceptionnelle d'un quasar dont le trou noir pèse deux milliards de fois notre soleil.

Un phare vieux de 12,9 milliards d'années

Un quasar vieux de 12,9 milliards d'années a été découvert. © DR

 

Par Frédéric Lewino

Mais vraiment qu'a-t-on à faire de la découverte d'un quasar vieux de 12,9 milliards d'années, annoncée dans la revue Nature, quand la Terre se réchauffe dangereusement, quand les épidémies microbiennes se multiplient et, surtout, le jour glorieux du mariage d'Albert de Monaco ? Ils sont marrants, les astronomes, les yeux rivés sur le ciel, ils en oublieraient presque les évènements terrestres. C'est donc quelque chose d'important que la découverte de ce quasar ? Mais, les amis, dites-nous d'abord : qu'est-ce que c'est qu'un quasar ?

Réponse : une galaxie ultralointaine rendue très brillante par la présence en son centre d'un trou noir supermassif. Ok ! Mais un trou noir, qu'est-ce que c'est docteur ? Réponse : un ogre céleste qui se nourrit de toutes les matières et de tous rayonnements qui passent à sa portée. Même la lumière n'échappe pas à son emprise gravitationnelle : d'où ce nom de trou noir. Mais alors, si rien ne leur échappe, comment les repère-t-on ? Réponse : chaque ingestion de poussière interstellaire ou d'étoile provoque de monstrueuses éruptions de rayons X qui, eux, sont détectables. Au passage, précisons que même notre galaxie, la Voie lactée, possède son trou noir.

Un quasar nommé ULAS

Maintenant que nous avons compris ce qu'est un quasar, qu'a de particulièrement exceptionnel ce nouveau venu si romantiquement nommé ULAS J1120+0641 ? Explication des dix-sept astronomes, principalement anglais et allemands, qui, durant cinq ans, ont passé le ciel au crible avec le Very Large Telescope (VLT) de l'ESO, pour le découvrir : "C'est de loin le quasar le plus brillant découvert jusqu'à présent dans l'univers jeune. C'est un objet très rare qui devrait nous aider à comprendre comment les trous noirs supermassifs se sont formés seulement quelques centaines de millions d'années après le big bang", explique Stephen Warren, astronome en chef de cette quête céleste.

En effet, ce qui est étonnant avec ce quasar, c'est que son trou noir possède une masse équivalant à deux milliards de fois celle de notre soleil. C'est gigantesque ! Cela implique qu'il aurait dû avaler une quantité prodigieuse d'étoiles pour grossir à ce point, et par là une digestion de milliards d'années. Or ce n'est pas le cas. Tel qu'il apparaît dans les télescopes, ce quasar baigne dans un univers âgé de seulement 770 millions d'années ! C'est bien trop tôt pour que l'ogre céleste ait eu le temps d'engraisser à ce point.

Voilà donc qui confirme que les trous noirs supermassifs des premiers temps de l'univers ont été formés autrement qu'en se bourrant la panse d'étoiles. Et c'est ça qui excite diablement nos astrophysiciens. Avec ULAS J1120+0641, ils ont l'occasion unique de jeter un coup d'oeil sur la prime jeunesse de l'univers. Et ils ne vont pas s'en priver. Pas question donc de les voir quitter leur télescope même si on devait annoncer que Albert renonce à sa nageuse pour épouser... Jeannie Longo. En voilà pourtant une sacrée étoile du cyclisme...

REGARDEZ : la modélisation artistique d'un Quasar

http://bcove.me/5qnksm19


 

 


 

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